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Inversion de valeurs : la solidarité

« Le bien c’est le mal, le mal c’est le bien ». Orwell se diffuse petit à petit, par capillarité, dans l’esprit des gens. Ils se rendent compte que quelque chose cloche, qu’entre ce qui est dit et ce qui est, il y a un phénomène étrange mais difficile à percevoir : l’inversion. On pourrait croire que l’inversion est aisée à distinguer, le phénomène le plus radical donc le plus visible ? C’est une erreur, l’inversion est le phénomène le plus difficile à discerner. Le contraire de l’eau chaude n’est pas l’eau froide, c’est pas d’eau du tout et une eau chaude est une eau froide pour l’eau bouillante. La non-eau n’a pas de température.

L’inversion est pernicieuse. Le miroir en est le parfait exemple. Tout est exactement reproduit dans le miroir mais à l’envers. C’est évident me direz-vous. Ma main gauche bouge la droite de mon reflet, c’est facile ! Vous ratez l’essentiel. Le miroir est inversion car ce qui est derrière (ou devant) vous (en vrai) n’est pas derrière ni devant le miroir. Non, il est SUR le miroir. Il n’y a rien dans un miroir. Il se passe des tas de choses DANS la vie, jamais rien dans un miroir. Le contraire de DANS, c’est SUR. Par rapport à l’eau – la vie quoi – on est dans l’eau ou sur l’eau, il n’y a pas d’autre possibilité. Et Hors ? Etre HORS de l’eau, c’est être DANS l’air. Vous suivez ?

Il est très difficile de distinguer l’inversion. C’est bien dommage car c’est l’enfer.

Ainsi, dans le discours de la Doxa, nous sommes en plein dans l’inversion. Je vous donne l’exemple de la solidarité, humanité de base, ce cadeau que Dieu nous a fait pour en faire des dons. La solidarité est une cause aux meilleurs effets. C’est parce que ce sentiment de solidarité est en moi, sans raison, inexplicable, DANS moi, que je vais aider cette petite vieille à traverser la rue. Je vais envoyer de l’argent pour sauver de parfaits inconnus victimes d’un tremblement de terre. Mon voisin aura mon aide. La solidarité est une (bonne) cause abstraite dont les conséquences seront concrètes. C’est très concret pour une petite vieille de traverser le boulevard !

L’inversion de la solidarité est immanquable : une conséquence abstraite d’une cause concrète. Je vous donne deux exemples.

Jean-Luc Mélenchon est solidaire de Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale, qui a reçu une lettre de menace. Parce que Claude Bartolone a reçu une lettre de menace, c’est concret une lettre de menace, Jean-Luc Mélenchon est solidaire. Et ? Et rien, il ne fait pas traverser le boulevard au Président Bartolone. Concrètement ? Nada.

Plus grave. Des ouvriers sont en grève. Ils risquent le chômage. Cette bonne conscience de gauche est solidaire et « se tient debout à leurs cotés » (dixit Duflot, Buffet, Royal, Montebourg, …..). Se tenir debout ça ne mange pas de pain mais ça n’en produit pas non plus. Se tenir debout, pour avancer, une autre inversion. L’homme libre reculera en rampant. Parce que ces ouvriers sont en grève, je me lève par solidarité. Un homme qui se lève, c’est rien, même pas une bonne pâte.

L’inversion : La solidarité abstraite comme cause de l’acte concret, invertie, devient la conséquence abstraite d’un réel concret.

Un jour, aidez une petite vieille â traverser un boulevard. Arrivés au milieu, laissez la seule et dites lui de se tenir debout. Avec un peu de chance elle écrasera une voiture.

L’article 163 ou le triomphe du principe mou

Le Diable se cache dans les détails. Formidable expression populaire pleine de bon sens et de sagesse. Il y a en d’autres comme, par exemple, « se mordre la queue ». D’ailleurs qui possède une queue si ce n’est le Diable ? CQFD. Logique du quotidien, intelligence de proximité, raison du plus simple, toujours. Alors ce serait bien le Diable, justement, si dans un texte de loi « historique et de civilisation », bien loin des basses préoccupations du Peuple et compliqué à souhait, ne se cachait ce détail qui tue, cet absurde parfaitement cohérent avec lui-même, les cornes (démoniaques) d’abondance de la bétise crasse.

Savez-vous que nos Curés n’avaient aucune passion pour la généalogie mais malgré cela, ont tenu à jour pendant des siécles, l’état civil de leurs paroisses ? Pourquoi cette obscure besogne ? Disons le simplement, il s’agissait avant tout d’éviter les mariages consaguins produisant ces petits enfants sur-doués en tares congénitales. Nos Curés de campagne n’ont pas attendu Lyssenko pour sonder les angoisses de la génétique. Leurs paroisses autarciques ont pu ainsi survivre. Napoléon, bien décidé à codifier ce bon sens populaire, une manie chez lui, fit inscrire dans la Loi cette régle évidente : un oncle et sa niéce comme une tante et son neveu, ne peuvent convoler en noces. Ou alors vous êtes tarés. Pour les mères et leurs fils, rien à redire, le parricide Oedipe avait fait la une des médias.

Maintenant, imaginons le choix cornélien et la tempète hugolienne de nos députés et sénateurs à l’occasion du débat sur le mariage pour tous (enfin presque) et en particulier à l’examen de l’article 163 qui stipulait jusqu’alors qu’étaient prohibés les mariages oncle/nièces et tante/neveu. De plus, soyons diaboliques jusqu’au bout, intégrons le facteur endogamique de nos élites d’élus. Là où il y a du gêne, y’a que du plaisir et là c’est carrément jouissif.

Les choses étant ce qu’elles sont et non ce que nos édiles voudraient qu’elles fûtent, nos rédacteurs en loi ont dû choisir entre passer pour des buses ou pour des vieux cons. Ils n’ont pas choisi, ils ont eu les deux. Un magnifique reductio ad cretinus ! Je m’explique.

Nos législateurs pouvaient laisser l’article 163 en l’état et admettre de facto qu’un oncle et son neveu puissent se marier ensemble. Ils n’ont pas pu. La morale est d’abord résicilience, un truc qui vient du fond, lequel, chez nous, est un vieux fond catho. Impensable. La filiation est aussi ce piège à con catophobe et ils sont tombés dedans : aujourd’hui Maman est morte de ne pouvoir épouser grand-Tante. Plus à l’Est, Oncle Vania et mon cousin d’Allemagne (bien sûr qu’il s’appelle Germain) ne pourront pas se marier.

Nos sénateurs seraient donc des vieux cons à résilience cathos ? Impossible. Nos élites zélotes, impayables sauf en francs suisses, ont pourtant franchi le Rubicon en produisant le plus innénarrable article de loi :

« Art. 163. – Le mariage est prohibé entre l’oncle et la nièce ou le neveu, et entre la tante et le neveu ou la nièce. » ;

Charybde étant moins proche de Scylla que la bétise de nos socialistes, ils sont retombés. Je m’explique encore.

Le risque de consaguinité est réel et connu. Mais quid du risque de faire des enfants « congénitaux » (certes ils le sont tous) pour un oncle avec son neveu, ma tante avec ma soeur ? Sait-on jamais ! Par habitude, inadvertance, un oubli de sa pilule du lendemain pour Tante Berthe convolant avec cousine Albertine ? Nos élus ont foi en l’Homme, la Femme et le progrés. Chacun sa Sainte-Trinité et miracles pour tous ?

Bref, pour justifier d’interdire le mariage à un oncle et son neveu, soit vous faites appel à un vieux fond de morale catho alors vous flinguez l’idée même du mariage homo et vous passez pour un vieux con, soit vous redoutez qu’ils finissent par vraiment faire un « vrai » enfant, vous appliquez le principe de précaution (une autre tare congénitale) et vous passez pour une triple buse stupide ! Soit c’est les deux. C’est les deux.

Alors comment sortir de ce foutoir ? Fort heureusement, il y a le principe mou : l’égalité. Parce qu’un oncle et sa nièce ne peuvent pas se marier pour des raisons génétiques, une tante et sa nièce ne pourront pas le faire non plus mais par égalité de handicap en quelque sorte. C’est de la solidarité et c’est redoutable. Notez bien qu’avant cette loi abscons, un homme homo ou hétéro pouvait se marier avec une femme et que le même homme ne pouvait pas se marier avec un homme. Il y avait là aussi cette égalité de limites et des possibles. Mais c’était avant et le triomphe du principe mou réduit le domaine de la lutte à votre oncle et à mes tantes. C’est mieux, indubitablement. La lutte continue, cependant.

J’en conclus que Député ou Sénateur ne doit pas être un métier, ça doit rester une synécure. C’est trop LOL. Je n’exclus plus rien ni même la publication de leur patrimoine génétique.

(*) le projet de loi précise aussi que le mariage est « entre deux personnes de sexe différent OU du même sexe ». Et toutes les couleurs sont possibles : noir ou blanc.

la Loi, c’est la Loi

L’accoudoir de Bertin vous observe.

Un souvenir n’est jamais conforme à la réalité. Ah bon ! Et alors ? Quand il s’agit d’art, de ressenti, cette conformité est inutile, malsaine. Là nous sommes dans la magie donc ce que je vous raconte est vrai.

Ce tableau est au Louvre dans une de ces grandes salles. S’y trouvent entre autres, les Noces de Cana, la Méduse et d’autres grands formats automatiquement photographiés. Delacroix, David, Géricault, les stars de l’époque. Ce « petit » Ingres et son portrait de Bertin est dans son coin, peu ou photographié, a peine ausculté. Et pourtant. Bien sûr, tout est « bien dessiné », les plis du costume, les mains de l’homme, l’assise du notable, les cheveux du bourgeois.
Tout est bien. Mais. Il y a un juste petit détail. Sur l’accoudoir du fauteuil il y a un simple reflet, il faut se pencher un peu. Ça tombe bien, c’est le reflet d’une fenêtre. Elle est la source de lumière pour tout le tableau. « Bien joué Monsieur Ingres ! » dites-vous, mais on a déjà connu ça. Sauf que. Ce n’est pas la fenêtre dans le reflet qu’il faut regarder, c’est le reflet lui-même qu’il faut penser. Penser un reflet c’est avoir le début de l’idée du miroir. Le miroir ! Bien sûr ! Ingres vous a peint en train de regarder le portrait de ce Monsieur Bertin. Bref, il a inventé le photomaton à plusieurs siècles de distance, en beaucoup mieux.
C’est alors que toute la lumière du tableau rejaillit. Un simple portrait d’un homme dans la force de l’âge ? Une pure finesse, du 3D, j’enlève mes lunettes. Le costume lui-même devient réellement tissu, les odeurs de tabac blond dans les cheveux de l’homme, son haleine un peu chargée (son oeil droit est un peu plus lourd).
Magie !

Le Vel d’hiv parce que le Juif était partout

Coupables Uber Alles !

Ca y est, nous sommes tous coupables. Tous, sans exception, Black, Blanc, Beur, Catho ou Musulman. Juif aussi ! Ben voui, la France c’est qui ? Vous la connaissez ? Vous la rencontrez au coin de la rue du vélodrome ? La France à l’instant T, c’est moi, c’est toi, c’est vous, c’est nous. Pour être honnête, j’ai plutôt l’impression que c’est surtout moi, aujourd’hui. Le plus coupable, car blond aux yeux bleus, un vieux fond catho encalaminé et mélangé à des vers de Victor Hugo, un début de moustache gauloise. Le dimanche, je ne me rase pas et ce dimanche là, François Hollande l’a fait pour moi. Il m’a même un peu tondu. C’est gentil de sa part : « la rafle du Vel d’hiv, c’est un crime commis en France, par la France ». Arrétez de pédaler sur vos Velib, vous êtes coupable de notre Vel d’hiv. C’est pas du Off, c’est de l’Officiel. Même si les Nazi n’avaient pas occupé la France, on aurait quand même déporté ces Juifs ?

Mais pourquoi le Vel d’Hiv ? Qu’est-ce qui explique cette rafle ? C’est trés simple. Il y a eu le Vel d’Hiv parce qu’en France plus que dans tout autre pays occupé par les Nazis Allemands,  les Juifs étaient partout. Un célébre journal de l’époque, bien que les haïssant, en avait même fait son titre « Je suis partout ! ». Il y avait consensus. La belle bande d’enfoirés qui écrivaient dans ce torchon, avaient, en plus, un sacré talent de plume ! Impardonnable.

Varsovie sur Glane.

Prenez le cas de Varsovie pendant la guerre. Les Nazis Allemands ont procédé de la façon la plus simple qui leur ait été donnée. Ils ont encerclé le ghetto et ils l’ont bombardé. Le « travail » a été terminé par un assaut, rue par rue, bloc par bloc, cave par cave. Des Hommes, au courage exceptionnel, ont tout tenté non pas pour s’en sortir vivant, en vain, mais pour tuer le plus grand nombre de soldats Nazis Allemands. Avec quelques succès. Le vrai courage, rien à gagner pour soi.

La France, combien de Préfectures ?

Mais, à Paris, pourquoi les Nazis Allemands  n’ont pas procédé de la sorte ? C’est trés simple. A Paris, ni ailleurs en France, il n’y avait  de ghetto juif. Oui, le juif était partout, médecin, professeur de médecine, journaliste, petit commerçant, employé, fonctionnaire, dans tous les arrondissements, il n’y en avait quand même pas chez les curés mais il y en avait tout de même chez les rabbins. Et il y en avait même parmi d’anciens ministres, de gauche comme de droite ! Pas de ghetto, donc pas de bombardement. Pas de façon simple de faire le « travail ». Ensuite, comptez sur les ambitieux (Laval, Bousquet) sachant utiliser la merveilleuse machine de l’Etat jacobin qui sait tenir ses fiches. « Nous avions été nul en combat militaire, nous allions montrer aux Nazis Allemands, à quel point en matière d’administration centrale, on était plus forts qu’eux, non mais ! ». « Nos Préfecture valent mieux que vos Panzer, Helmut ! ». Ah les cons !  Cette ambition s’est renforcée aprés la guerre, on a crée l’ENA.

Fallait pas les laisser rentrer

Voilà pourquoi le Vel d’Hiv. On aurait pu l’éviter ? Ah, comment ? « Fallait pas les laisser les entrer » (Arletty). Le Vel d’Hiv parce qu’en France, les juifs étaient ici ou là, depuis en gros, la Révolution. Ils étaient partout sauf enfermés dans des ghettos qui n’existaient plus depuis longtemps.

Vers le ghetto invisible

Le plus comico-cynique dans cette histoire de François Hollande en repentance, c’est qu’il va recréer une sorte de ghetto invisible. La France est coupable ? Donc tous les Français le sont. Le petit Cohen, la petite Levy aussi ? Non bien sûr, impossible. Ils seront donc à part, des français pas coupables, innocents ou alors qui camouflent quelque chose ? Pour séparer la Communauté Nationale, on ne pouvait pas faire mieux. Stupéfiant de justesse et de vérité, aprés coup, l’explication de Raymond Barre (http://www.youtube.com/watch?v=uzvePsa2Pu4&feature=related)

Une façon de régler la « question »

Lors de la dernière campagne présidentielle, je me suis légèrement pris la tête avec un ras-du-front-de-gauche. Le « débat » en est venu sur l’antisémitisme de plus en plus violent dans nos quartiers et les départs, en forte augmentation, vers Israël de vieux français de souche juifs. J’ai adoré sa réponse : « c’est peut être une façon pacifique de régler la question » (sic! je vous jure que je ne l’invente pas).

Coupable et multi-récidiviste : Tant mieux ! 

Aprés le Vel d’Hiv, viendra l’Algérie, la Tunisie, Madagascar, la Kanakie, l’esclavagisme, etc, etc, c’est dingue, nous fûmes un Empire !  Le Vietman ? Le Cambodge ? Là ca va être dur de passer pour plus coupable que Pol Pot (sauf pour le PCF qui avait formé les cadres khmers). La repentance n’aura pas de fin comme la bêtise chez les socialistes. Donc aprés les Juifs qui ne seront plus tout à fait français parce que pas assez coupables, ce sera le tour des Algériens, des Tunisiens, des Malgaches, des Kanaks, des Noirs, des ceci, des cela. Ils ne seront plus tout à fait français (et même plus français du tout) parce que pas assez coupables, beaucoup trop innocents. Tant mieux. Tous avec moi :

LA FRANCE AUX COUPABLES !

Syrie : L’erreur était dans la tombe que regardait le Monde.

Pour autant que je m’en souvienne, Le Monde a toujours été désigné comme le journal de référence en France. On ne sait plus ni comment, ni quand, cette distinction lui a été accordée, ni pour quels faits d’armes dans la bataille des idées et surtout de la vérité. C’est donc par habitude, pas plus. Un blog dont le taulier est un ancien diplomate français,  associé au Monde.fr,  hérite de facto de cette référence distinguée : un blog de référence dans le journal idem, tout cela pose son petit monde, donne du sérieux, du recul, de l’analyse comme disent les professionnels de cette profession. Eux, ils mettent en perspective, n’est-ce pas.

Ainsi, quand sur ce blog du journal de référence, on flag au pire une énorme paresse, au mieux un mensonge calculé, on n’est plus surpris de rien. Au contraire, c’est la confirmation que le mensonge maintenant, c’est la vérité. Orwell avait raison, il était donc coupable. J’affirme que le pire pour l’auteur, serait une simple paresse intellectuelle expliquant qu’il n’aurait pas pris la peine de vérifier ses sources. Il faut être logique, en temps de guerre – et nous sommes en guerre contre le Peuple syrien -, le mensonge est une arme comme une autre. La paresse, par contre, est une lâcheté. Libre à l’auteur du blog http://syrie.blog.lemonde.fr de choisir son camp.

Coupable, levez-vous !

Le 16 juillet sur son blog, Monsieur Ignace Leverrier, ancien diplomate,  publie un long billet sur le massacre de Treimseh  (Syrie), intervenu probablement le 12 juillet à laube. L’auteur accuse avec force le régime de Bachar El-Assad. Par quel obscur cheminement de mon esprit, lisant cet acte d’accusation à la Fouquier-Tinville (une autre référence française), je pensais à Barrés condamnant le Capitaine Dreyfus : « Bachar est coupable, je le déduis de sa race ». J’en riais avant de voir la dernière photo du billet.

La photo qui « prouve » que Bachar El-Assad a massacré son Peuple, le 12 juillet à l’aube.

Une fosse commune fraîchement creusée. De nombreux corps. Parmi eux on devine des enfants. Ils sont drapés, à même la terre, conformément aux coutumes des Musulmans. Photo terrible. Il y a des hommes et des femmes autour et dans la fosse, des vivants pleurant des pères, des fils, des voisins, des amis, des filles, des fiancées. Le silence règne dans cette photo. « Bachar est coupable, nous le déduisons de cette photo ».

Sauf que. « Ce billet  est un mensonge, je le déduis de cette photo ».

Un homme, vivant et debout, est au centre de la fosse. Il porte un anorak. D’autres sont en pull-over, les manches de grosses chemises de coton sont abaissées. Le détail le plus terrible ?  L’herbe en bordure de la fosse est verte, grasse, digne d’un golf municipal de n’importe quelle ville d’Ecosse. Ecœurement. Nous sommes en Syrie, en juillet, soit 40 degrés à l’ombre, on y sue, on s’y dessèche depuis plusieurs mois.

Mettez un seul mensonge au milieu de quelques points de vue et le tour de magie fonctionne. Ça marche toujours. Mais si, sur le long terme, aucune dictature ne peut survivre à ses propres mensonges, pour les démocraties c’est pareil. Bref, à ce rythme-là, sur le long terme, on est vraiment tous morts.

Grosse fatigue

Inutile de vous préciser la nature de mon commentaire à ce billet de blog, ni celui d’une autre personne. Bien sûr, quelques heures après, la photo était remplacée par une autre. Une tombe fraîche, quelques pierres avec quelques mots écrits en Arabe. Personne. L’herbe semble moins verte, à peine. Mon commentaire, incompréhensible pour le coup, est toujours là. La paresse, maintenant c’est certain.

La “nouvelle” photo. Avec une herbe moins verte, à peine.

Je pense à ce français vivant à Damas et dont je ne sais pas grand-chose seulement qu’il aimerait avoir une vie simple dans ce pays imparfait qu’il aime tant. Il me l’a dit via twitter. Aurais-je le courage de lui dire que Damas, antique ville parmi les plus nobles, n’est peut-être déjà plus qu’un Sarajevo en devenir ?

L’honnête homme, de nos jours, n’ira plus chercher aucune vérité dans un quotidien de référence, organe de la doxa. Il tentera de discerner les mensonges vrais des mensonges faux, pas plus, avec son bon sens, son instinct, la saine méfiance des hommes réservés, ceux qui doutent donc qui sont. Alors, alors seulement, le monde de référence, ce sera vous.

@Kernisian

ps : la photo de la fosse commune avait déjà été publiée  le 7 avril 2012, autre date, autres morts. Va savoir. J’ai vérifié avec Google, moteur de référence, pour l’instant…

ps : Le régime d’Assad n’est pas vraiment une démocratie ? Je suis au courant, merci.